Le mordançage une étape essentielle en teinture végétale
Le mordançage du tissu ce sont les fondations de notre maison
Si on comparait le processus de teinture végétale au processus de construction d’une maison, on mettrait le « mordançage » au même niveau que la construction des fondations d’une maison.
Sans fondations, pas de murs, pas de toit…
Sans mordançage pas de couleur vive, ni de couleur tenace…
Le mordançage; un terme vieux comme le monde
Vous vous venez peut-être de découvrir ce terme de « mordançage », car en effet, à ma connaissance, ce mot n’est utilisé nulle part ailleurs que dans le domaine de la teinture végétale.
Mais le mordançage existe depuis des millénaires. Il existe en effet, depuis autant de temps que la teinture végétale. J’en parle un peu plus dans mon article de blog: Les origines de la teinture végétale
Mais alors à quoi ça sert exactement le mordançage?
Les colorants présents dans les plantes ont besoin d’un petit coup de pouce pour bien s’agripper aux tissus.
Les tissus en fibres végétales tels que le coton, le lin, le chanvre auront besoin d’un coup de pouce encore plus important que les tissus en fibres animales tels que la laine ou la soie.
L’étape du mordançage qui précède donc l’étape de la teinture végétale, servira à créer un pont entre les fibres du tissu et les colorants des plantes.
Sans mordançage, les couleurs se s’accrocheront pas bien au tissu. Résultat des couleurs ternes, peu solides dans le temps ni à la lumière et au lavage.
Le mordançage une étape essentielle dans le procédé
On peut évidemment s’amuser à teindre du tissu sans passer par la case mordançage, mais il faudra donc s’attendre à être déçu par les couleurs.
En tant que teinturière professionnelle, c’est une des étapes qui me demande le plus de temps et sur laquelle je consacre le plus d’attention.
Le mordançage est un processus long et délicat mais tellement important!
"Est-ce que les couleurs tiennent bien?"
C’est la phrase que j’entends le plus sur les marchés quand je présente mon travail en teinture végétale.
Et c’est bien légitime car de nos jours, nous sommes habitués à tout passer à la machine et à ressortir nos vêtements dans exactement le même état que quand ils sont entrés dans la machine.
Et bien grâce à un mordançage bien fait, je peux affirmer que les couleurs tiendront au lavage, à l’usure et aux UV.
Il faudra bien sûr combiner au mordançage une bonne teinture avec des plantes tinctoriales de qualité.
Et comment on mordance?
Oui car le mordançage se conjugue aussi en verbe : « mordancer »!
Et vous avez de la chance, je vous donne en bonus ma recette de mordançage au sel d’alun:
1/ peser votre tissu sec (admettons ici qu’il pèse 100g)
2/ préparer votre bain de mordançage avec du sel d’alun:
Dans une grosse marmite, déposez au fond 20% du poids de la fibre sèche en sel d’alun (soit dans notre exemple 20% de 100g = 20g de sel d’alun).
3/ ajouter de l’eau chaude et remuer afin que tout le sel d’alun soit bien dissous.
4/ ajouter votre tissu préalablement mouillé et ajouter suffisamment d’eau afin que le tissu puisse “nager” librement dans la casserole sans être contraint ou tout plié.
5/ laisser chauffer environ 1h tout en remuant régulièrement
6/ sortir le tissu, rincer à l’eau claire
Pour aller plus loin
Pour aller encore plus loin, je pourrai aussi vous apprendre un autre mot également bien utile et presque autant primordial en teinture végétale: « l’engallage ».
Une étape de plus avant le « mordançage » qui consiste à un mordançage mais avec des plantes à tanin, telles que la noix de galles par exemple (d’où le terme « Engallage »).
Mais on va dire que cela fera partie d’un prochain article de blog, je voudrais pas vous assommer tout de suite!
Pour vous lancer dans une première teinture, je vous remets ici le lien vers mon article pour teindre un torchon avec des pelures d’oignons.
